LES TROIS CERVEAUX

LE CERVEAU REPTILIEN

Il est appelé le cerveau primaire ou primitif ou encore cerveau archaïque. Les êtres humains avaient à l'origine, essentiellement un premier cerveau reptilien dont l'homme conserve encore bien des instincts de base (dont l'instinct de conservation). Il correspond chez l'être humain aux systèmes nerveux du tronc cérébral. Il est malgré sa petite taille d'une grande complexité. Certains animaux (vertébrés inférieurs, reptiles…) sont régis uniquement par ce cerveau. Il est la source des comportements primitifs qui répondent à des besoins fondamentaux.

Il assure en priorité la sauvegarde de l'espèce et, à cet effet, celle nécessaire de l'individu.

Sur les milliards d'informations élémentaires perçues chaque seconde par nos sens, il filtrera pour ne retenir que les éventuelles opportunités ou menaces nécessitant une réaction adaptée dans le 1/10ème de seconde.

Ces comportements sont incapables d'adaptation et restent insensibles à l'expérience du fait que le cerveau primitif n'a accès qu'à une mémoire à court terme.

Le cerveau reptilien agit toujours selon des schémas rigides et stéréotypés: une même stimulation produira toujours le même effet. Par exemple, conservée depuis des générations, la fuite inscrite héréditairement dans chaque individu, est un mécanisme nécessaire, imparable, stéréotypé … et, si elle est impossible, la réaction deviendra agression.

Le noyau dit " amygdalien " en particulier commande l'agressivité, le souci du territoire et de sa défense. Il correspond à notre univers non-verbal de gestes et comportements automatiques.  Il est le lieu de la routine, des itinéraires fixés à l'avance, des rituels, cérémonies….

De ce fait, une bonne compréhension et interprétation du " langage reptilien " est essentiel dans les relations humaines.

Si pour la survie le temps de réaction peut dépasser le 1/10ème de seconde, le cerveau reptilien sollicitera éventuellent le cerveau limbique pour tenter d'affiner l'efficience de la réaction de l'individu sur l'environnement.

LE CERVEAU LIMBIQUE

Le cerveau viscéral de survie, surnommé ainsi par Mac Lean, est en étroite relation avec les centres des pulsions et des émotions. C'est le centre physiologique des émotions et donc le système dominant de l'affectivité.  "Parti du vieux cerveau des mammifères, il dessine un anneau entourant le seuil de l'hémisphère cortical…

Chez l'être humain, il est un des éléments essentiels de mise en rapport du néocortex avec les autres formations cérébrales plus anciennes; son fonctionnement domine l'affectivité et les processus de la mémoire" H. Laborit.

Il correspondait au cerveau antérieur des mammifères, au cortex primitif qui est toujours présent chez l'être humain. C'est un ensemble complexe de noyaux, de voies nerveuses, relié à l'hypothalamus, au tronc cérébral et au néocortex. Superposé au cerveau reptilien , le cerveau limbique est le fruit d'une évolution beaucoup plus tardive.

Le rat n'a qu'un cerveau reptilien et limbique, à peine un cortex, le chat aussi (avec un début de cortex). Comme le cerveau reptilien, il ne s'exprime pas verbalement mais peut exciter le cortex qui lui, s'exprime par la parole.

Sa fonction essentielle est la survie par une bonne adaptation à l'environnement social : empathie, statut social,  intégration à un groupe, convictions et croyances, sentiment de sécurité... C'est aussi le lieu des mécanismes de motivation, réussites et échecs, plaisir et déplaisir...

Principales lois physiologiques attribuées par les biologistes au cerveau limbique.

a- Le système limbique est imperméable à toute logique.

b- Le cerveau limbique agit comme un filtre, il a un rôle sélectif et détectif   : toute information passe d'abord par le limbique qui filtre l'information et excite le cortex selon le filtre lui même lié aux tonalités émotionnelles de l'information (intérêt, sécurité, plaisir, motivation, ….)

Les émotions déclenchées par des stimuli agissant sur le système limbique ne sont pas sous le contrôle du cortex. La peur, par exemple ne disparaît pas par voie de raisonnement.

Le cerveau limbique a une certaine autonomie par rapport au cortex: il peut bloquer toute réactivité des zones corticales, et anesthésier les infos déplaisantes qui n'atteignent pas le cortex mais il peut aussi stimuler certaines zones du cortex. La communication est donc unidirectionnelle.

c- Le système limbique enregistre d'abord l'action vécue qui deviendra réflexion. La réflexion est ainsi soumise à l'action: le cerveau ne peut résoudre un problème que s'il expérimente de nouvelles solutions. Sur le plan biologique, cela correspond au fonctionnement coordonné du cortex et du limbique.

d- Il stocke tous les souvenirs jouant ainsi un rôle essentiel dans la mémoire à long terme, qui permet la réception et l'enregistrement des informations en fonction des tonalités émotionnelles. La mémoire en permettant la création d'automatismes pourra être à l'origine des besoins nouveaux qui du coup, ne seront plus instinctifs mais seront d'ordre socio-culturel.

e- Il assure le début de la connaissance par l'image et joue un rôle cognitif comme produire, élaborer des images même s'il est essentiellement lié aux processus émotionnels et aux pulsions.

LE NEOCORTEX

Le cortex apparaît à l'état d'ébauche chez certains reptiles, se développe chez les mammifères et plus on monte dans l'échelle animale, plus cette bande va s'étendre et refouler de part et d'autre les deux cerveaux primaires. Chez les mammifères supérieurs, le cortex s'est développé vers l'arrière, enveloppant tout le système limbique d'une couche épaisse de neurones aux ramifications complexes.

Ce qui est vraiment nouveau chez l'homme, c'est l'étendue du néo-cortex et les structures qui s'y rattachent: le nouveau cerveau présente une plasticité et une souplesse inconnue aux structures archaïques.

Le nouveau cortex n'est plus une machine : lorsqu'il est stimulé, il peut ne pas répondre ou encore répondre de manière imprévue, de façon originale et créative à un problème posé par l'environnement. Il peut répondre d'une manière différente de celle qu'avait entraîné une stimulation identique précédente. Il sera d'autant plus conscient qu'il est justement conscient de ses automatismes et de ses pulsions et qu'il peut s'en libérer par sa fonction imaginaire.

En effet, l'accroissement des connexions neuronales du cortex s'accompagne d'une augmentation des possibilités de réception des informations.

Il a pris dans l'espèce humaine, un développement considérable dans les régions orbito-frontales qui permettent un moyen d'association des éléments mémorisés.

L'homme peut recombiner ces éléments mémorisés d'une façon différente de celle par laquelle ils nous ont été imposés par le milieu ; le cerveau peut alors créer des structures nouvelles, "les structures imaginaires" (H. Laborit).

Il représente la conscience, la capacité symbolique (capacité de remplacer certaines choses par d'autres), le langage, base de la pensée abstraite.

Seul le cortex a cette capacité : ce serait pour lui un moyen de gérer les autres cerveaux plus anciens :
un voeux pieux ! … sauf à travers des artifices tels que « la carotte et le bâton » (y compris dans l'au-delà ! ) : une super-menace ou une hyper-opportunité s'addressant (via le dressage) au cerveau reptilien.

Il correspond au stade de la reconnaissance de l'objet comme réalité externe dans un espace donné.
La manipulation des concepts, de l'abstraction par les sytèmes associatifs, la prise de distance par rapport à l'objet donne à l'homme des possibilités presque infinies de création.